Retrospective du Colloque "la mer, avenir de la terre" monté par le Club Sup Mer le 24 mars 2015

24 Mars 2015 - Retour sur le colloque "La mer, avenir de la terre"

 

Écouter/Télécharger l'enregistrement audio de la 1ère table-ronde "Quels défis pour le développement durable du domaine maritime au 21ème siècle" en cliquant sur cette icône (~100 Mo) :

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Écouter/Télécharger l'enregistrement audio de la 2ème table-ronde "Quelles seront les nouvelles industries de la mer ?" en cliquant sur cette icône (~100 Mo) :

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Télécharger les slides des présentations des colloques en cliquant sur l'icône :

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Affiche mer

 

Mars 2015 - Au programme du colloque "La mer, avenir de la terre" organisé par le Club Sup Mer

QUELS DÉFIS POUR LE DEVELOPPEMENT DURABLE DU DOMAINE MARITIME AU 21ème SIÈCLE ?
Début de la table-ronde à 16h00

Protection de l’environnement : O. Laroussinie (Aires Marines Protégées)

Sécurisation des mers : Amiral B. Rogel

Au delà de Montego Bay ? : Commissaire Général J.L. Fillon (IFM)

Défis halieutiques : H.Carré (Comité National des Pêches)

 

QUELLES SERONT LES NOUVELLES INDUSTRIES DE LA MER ? - 17h45
Début de la table-ronde à 17h45

Richesse des grands fonds : J. Denègre (TECHNIP)

Plateformes offshore multi-usages : T. Lockhart (DCNS)

Stockage de l’énergie : J.M. Germa (SOPER)

Bio-technologies : J.Y. de Chaisemartin (ALEOR)

Nouvelles énergies : J.L. Bal (Syndicat des Energies Renouvelables)



Télécharger l'affiche du colloque :

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Télécharger le communiqué d'annonce du colloque :

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Mercredi 10 septembre 2014 - Nouveau bureau du Club Sup Mer

La conférence des présidents des 15 groupes Grandes Ecoles - Mer et/ou Marine, fédérés dans le

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dont l’objectif est de conjuguer les énergies de ces groupes dans l’intérêt des enjeux maritimes nationaux, en cohérence avec la problématique globale de la mer, s’est réunie le 10 septembre 2014 à l’Ecole Militaire, en présence du Contre-amiral Thierry Rousseau, directeur du Centre d’Etudes Stratégiques de la Marine et de Francis Vallat, président du Cluster Maritime Français.

Elle a procédé à l’élection du bureau chargé de mener sa campagne 2014-2015 :

  • Jean-Paul Billot (HEC Marine), président
  • Muriel Joyeux (ISG Mer) et Dominique de Robillard (X Mer, Ponts Alliance), vice-présidents
  • Marie-Christine Méchet (les Sciences-Po de la Mer), suivi des activités
  • Arnaud Le Roy (ENSTA Maritime), webmaster.

Ce bureau organisera, au 1er trimestre 2015, un évènement majeur prenant la forme d’un colloque :

« La mer, avenir de la terre »

où seront abordées les thèmes des industries nouvelles liées à la mer et des défis du développement durable.

Il assurera le lien entre tous les membres du Club Sup Mer et se chargera d’en promouvoir les actions sur son site, www.clubsupmer.org

Octobre 2013 - Semaine de la Mer à l’École Normale Supérieure de Paris - Vendredi 11 au samedi 19 octobre 2013

Le Cercle Normale Sup’ Marine organise une première « Semaine de la Mer » à l’Ecole Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm, à laquelle le Club Sup Mer est associé.

Il s’agit d’un événement pluridisciplinaire centré autour des thématiques maritimes telles que la formation des océans, le développement durable des écosystèmes marins, le droit international et la liberté des mers, les enjeux du XXIe siècle, l’archéologie sous-marine, les Lettres et les Arts, les valeurs humanisantes, l’exploration scientifique et biologique, l’expérience humaine, les innovations technologiques et les défis à relever pour exploiter les ressources et les énergies marines, l’insertion officielle de la Mer dans les programmes d’enseignement.
Un Concert sur le thème de la mer complète ce programme varié.

Nous sommes tous appelés à nous réunir autour d’un buffet « bio » de clôture (produits marins « bio ») organisé par Ecocampus (inscription obligatoire).

Le programme est disponible sur le site http://ecocampus.ens.fr/mer.

Affiche Semaine de la Mer

Juin 2013 - Le Club Sup Mer est partenaire du Gala de la Préparation Militaire Supérieure Marine Etat-Major

La Préparation Militaire Supérieure Marine Etat-Major, qui forme les officiers de réserve de la Marine nationale, organise son Gala le samedi 1er juin à l’Hôtel des Invalides. Le Club Sup Mer s'est associé à cet événement et vous invite à y participer. Pour réserver vos places, une seule adresse : http://www.weezevent.com/gala-pms-2013

Gala_PMS

Avril 2013 - Retour sur la table-ronde du Club Sup Mer - Le combat de haute intensité, actualité de demain ? :
Jeudi 18 avril à l'École Militaire

 

Écouter/Télécharger l'enregistrement audio de la conférence en cliquant sur cette icône (~130 Mo) :

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Conflit HI



Télécharger le programme de la table-ronde du Club Sup Mer sur le conflit de haute intensité :

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Mars 2013 - Le Club Sup Mer est fier de vous présenter son tout nouveau logo

Nous remercions très chaleureusement l'agence Ilago et le Cluster Maritime Français pour nous avoir permis de réaliser ce logo modernisé.

Ilago

CMF


Mars 2013 - Bienvenue sur le tout nouveau site du Club Sup Mer !

Vous trouverez sur celui-ci toutes les informations nous concernant. N'hésitez pas à visiter nos différentes rubriques :

  • Accueil et actualités du groupe et de ses différents membres ;
  • Qui sommes-nous ? : Une présentation du Club Sup Mer, de son rôle et de ses actions ;
  • Nos membres avec une page dédié à chacun des membres du groupe - Notez que les pages ne sont pas forcément encore remplie et que cette opération prendra encore quelques temps ;
  • L'onglet Actualités maritimes vous permettra d'accéder à un certain nombre de flux d'actualités RSS pour vous tenir au courant des dernières actualités maritimes et marines ;
  • Une rubrique presse où vous pourrez trouver toutes les informations sur les événements passés organisés par le Club Sup Mer, ainsi que certains articles écrits par nos membres ;
  • Nos soutiens ;
  • Enfin, pour toute question concernant le Club Sup Mer, ce site ou plus en général la Mer, la Marine et le Monde Maritime, n'hésitez pas à nous contacter grâce à la rubrique "Contacts" .
Avril 2010 - Compte Rendu du Colloque : "La Mer une chance pour la France ?"


Colloque du Club Sup Mer , organisé le mardi 13 avril 2010, de 14 à 18h30 à Sciences Po Paris - 27 rue saint Guillaume – 75007 PARIS


Éric Gérard, président du Club des SciencesPo de la mer, ouvre le colloque par une présentation du Club Sup Mer (Association regroupant les clubs "mer" et "marine" des grandes écoles) et annonce les objectifs du colloque: faire rayonner la mer et faire connaître les carrières maritimes.

Jean-Emmanuel Combes, Président de l'Association des SciencesPo, souhaite la bienvenue à l'ensemble des participants au nom de Richard Descoings et souligne le caractère fondamental de la mer pour la France, qui possède le deuxième espace maritime mondial. Il présente ensuite les deux thèmes autour desquels va s'articuler le colloque: tout d'abord faire connaître et mettre en valeur les débouchés offerts par la mer et ensuite mieux comprendre la politique maritime de la France, dans des domaines très divers tels que l'énergie, le droit ou encore l'action de l'État en mer.

Antoine Person, Vice président des SciencesPo de la Mer, présente le Secrétaire Général de la Mer, J-F Tallec, placé sous l'autorité directe du Premier Ministre, chargé d'assurer la cohérence des décisions du Gouvernement dans le domaine de la mer, qui concerne une quinzaine de ministères différents. Il rappelle également l'importance de la cohésion et de la coordination entre les différents acteurs.
Jean-François Tallec, Secrétaire Général de la Mer, affirme que l'année 2009 a été un tournant majeur pour la politique maritime de la France avec l'adoption d'une stratégie nationale pour la mer et les océans. Une politique maritime, est le résultat d'une rencontre entre trois idées fortes. Premièrement, la mer est sans nul doute l'avenir de la planète parce qu'elle renferme des ressources multiples. C'est également un lieu de paradoxes qui rend nécessaire une politique spécifique. En outre, la France a un rôle particulier à jouer dans l'exploitation et la préservation de la mer, compte tenu de sa surface maritime, de son économie maritime, de la grande capacité de projection de sa marine et de ses territoires d'outre-mer. Elle y partage un intérêt et des responsabilités particulières. Enfin, le secrétaire général de la mer rappelle que le milieu marin est un milieu à la fois divers et multiple, qu'il nécessite une politique maritime intégrée pour éviter des échecs, tel que celui du développement des énergies marines renouvelables.
La mise en place d'une politique maritime en France a connu un long cheminement. Sa nécessité s'est imposée dans un contexte international où l'ensemble des grandes nations maritimes se sont dotées d'un document de politique maritime et où, au niveau européen, on assiste à la montée en puissance de l'idée d'une politique maritime européenne, avec la parution d'un «livre vert» listant les objectifs d'une telle politique puis d'un «livre bleu» présentant les différents axes de développement envisageables et enfin avec la création d'une direction générale (DG MARE), preuve de la prise de conscience de la nécessité d'adopter une approche globale. En France, l'absence d'une telle politique avait été soulignée par différentes publications privées puis par le rapport Poséidon. Il manquait aussi à la politique maritime française une mobilisation de l'opinion publique ainsi qu'un acte politique fort. L'année 2009 a réunit les deux avec le lancement du «Grenelle de la mer» sur l'ensemble du territoire puis avec le discours du Havre le 16 juillet 2009 où le Président de la République a tracé les grandes lignes d'une politique maritime de la France et a prescrit à son Gouvernement l'élaboration d'un «Livre bleu portant stratégie maritime pour la France». A cet acte fondateur s'est ajouté le discours du Premier Ministre aux assises de l'économie maritime à Brest. Enfin, J-F Tallec, voit dans la réunion du comité interministériel de la mer fin 2009, la marque d'une réelle volonté politique.
La politique maritime de la France s'articule donc autour de trois axes. Tout d'abord, la réaffirmation de ses ambitions, avec quatre priorités: La connaissance et la protection du milieu, le développement d'une économie maritime durable, la place de l'Outre-Mer et l'affirmation de la place de la France sur la scène maritime internationale. Ensuite, le développement de politiques sectorielles volontaristes et enfin la création de liens transversaux entre ces politiques, conditions de la réussite. J-F Tallec souligne enfin que la politique maritime est une politique volontariste, c'est un acte de gouvernement qui s'inscrit dans la durée.

Éric Gérard présente le Chef d'État-major de la Marine l’Amiral Pierre-François Forissier, et fait un rapide rappel de sa carrière d'abord dans les forces sous-marines, puis sa carrière de marin de surface.
L’Amiral Forissier estime que 2010 est une année de rêve pour la France. Il est d'autant plus heureux de représenter le pilier de l'action de l'Etat en mer et de la régulation des activités maritimes et rappelle qu'il appartient à une corporation qui s'est souvent plaint de l'absence de reconnaissance de son rôle par les Français. Mais, selon lui, cette conception est erronée, car si tel était le cas, cette Marine, de première importance internationale, qu'il commande n'existerait pas. Il tient à rappeler, notamment aux étudiants que la France n'est pas que continentale.
Pour illustrer le caractère paradoxal de la mer, il cite tout d'abord cette phrase de R. Aron: "si la terre appartient à quelqu'un, à un propriétaire individuel ou collectif, la mer appartient à tous parce qu'elle n'appartient à personne" Puis celle-ci: "l'empire des puissances continentales s'inspire de l'esprit de possession alors que l'empire des puissances maritimes s'inspire de celui de commerce or celui-ci n'est pas toujours bienveillant.".
Les États ont bien pris la mesure des enjeux environnementaux et économiques liés aux espaces océaniques. Les profondeurs sous-marines apparaissent comme un gisement de ressources et de découvertes presque inépuisables et renouvelables. Que cela demeure ainsi, est le défi de notre génération et nécessite une approche globale. La mer est un espace de manœuvre stratégique dans toutes ses dimensions et c'est la responsabilité des marines que de s'impliquer dans la gouvernance des océans pour y préserver les différentes libertés et y maîtriser les abus.
Le Chef d'État Major de la marine prend ici une place particulière. Comme l'indiquent les libellés «Marine nationale» et «Marin d'État», il doit assurer la défense en mer de tous les intérêts de l'État quels qu'ils soient. En ce sens, il est à la fois le pompier, le policier, le soldat, le garde-champêtre de cet espace. A cet égard, la Marine française est une des rares marines océaniques au monde. Elle est capable de se déployer en permanence et durablement sur l'ensemble des océans du globe, avec environ 30 bâtiments et 8 aéronefs à la mer en permanence et plus de 8 000 marins français au travail à la mer et au service de la France et de l'Union Européenne.
Un des préalables indispensable à toute action en mer est la surveillance maritime. Le Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité de 2008 se concentre sur une nouvelle fonction stratégique "Connaissance et anticipation" que les marins se sont très rapidement appropriée, puisqu'elle reprend une pratique quotidienne. Ce partage de l'information ne peut se faire dans un club très restreint et c'est pour cela qu'ont été mis en place des tentatives de fédération de l'information en mer, au niveau international. La mer est un élément très difficile à observer, compte tenu de son caractère liquide et mouvant, et de son étendue. Il est impossible d'avoir une vision exhaustive de la mer, "Il faut y aller !" comme le montre bien le dispositif de lutte contre la piraterie dans l'océan indien qui ne maîtrise que 25 à 30% de la zone. Dans ce domaine, rien ne remplacera le marin.
Il y a trois grands pans de l'action en mer: La dissuasion, l'action et la prévention. Mais ce qui est essentiel et manque parfois, c'est un cadre politique et juridique parfaitement défini, d'où l'importance d'une politique la plus internationale et la plus adaptable possible. A ce titre, la réorganisation de la fonction garde-côte et la mise en place d'un centre de situation maritime de référence est un premier pas important vers un travail en synergie avec les différentes administrations. En conclusion, l’Amiral Forissier rappelle que la mer est un espace global sur lequel il est illusoire et dangereux de vouloir transposer des schémas terrestres. Il faut donc inventer ensemble une gouvernance originale de la mer.

Antoine Person présente Francis Vallat, armateur au pétrole puis Président de l'Institut Français de la Mer, éditeur de la revue maritime et Président du Cluster Maritime Français. Il rappelle également son engagement de longue date en faveur de la sécurité maritime.
Le Président Francis Vallat insiste sur le fait que si l'État a bougé, c'est grâce à la poussée des acteurs maritimes. En 2030, selon lui, la planète sera une économie bleue, et le XXIe siècle sera le plus maritime de l'humanité, sous l'effet de la mondialisation. 90% des marchandises sont transportées par voie de mer. Le flux de cargaison maritime a été multiplié par cinq depuis quelques années. Il y a 50 000 navires sur la mer, soit 40% de plus qu'il y a dix ans, le coût moyen de 20 tonnes transportées de l'Asie vers l'Europe est très inférieur au prix d'un billet d'avion en classe économique pour un seul passager. La puissance maritime a toujours été facteur de bouleversements, de Vasco de Gama à la liaison régulière Lisbonne-Bruges au XIIIe siècle jusqu'à aujourd'hui avec la Chine aux portes de l'Europe. Dans un contexte d'épuisement des ressources naturelles terrestres, le monde marin est très encourageant dans la mesure où on ne connaît que 10 à 15% de sa flore et de sa faune. C'est un atout déterminant pour la France, 5e pays exportateur mondial, où un bateau touche un port toutes les 6 minutes. La France maritime a souvent été ignorée malgré les 11 millions de km2 de sa zone économique exclusive (ZEE) et le poids économique de ses activités maritimes, supérieur à 50 milliards d'€ en valeur de production, sans compter les 315 000 emplois directs qui s'y rattachent. De plus, la France est dans le peloton de tête d'une dizaine de métiers internationaux (assurance maritime, financement du shipping, courtage, équipements navals civils et militaires, recherche océanographique, offshore, marine de guerre...).
L'image maritime de la France est, pour Francis Vallat, faussée culturellement. Alors que notre économie a les moyens de conquérir de nouvelles positions internationales. Les initiatives mises en place dans ce domaine sont souvent d'ordre privé, sans intervention de l'État, toujours attaché à cette «tradition du fief» et à une image faussée du négoce et du transport.
Francis Vallat estime toutefois qu'un souffle nouveau semble se lever. L'année 2010 est un «cru satisfaisant» avec la réforme de l'enseignement maritime, la réforme portuaire, une position de leader en termes de qualité du pavillon,... conjugués aux efforts du cluster qui reposent sur la volonté de 220 entreprises appuyées par la Marine Nationale. Nous sommes sur la bonne voie, avec notamment l'apparition de la stratégie maritime intégrée clarifiant les choix de l'État à long terme et le cadre dans lequel les opérateurs français pourront se développer.
La phrase de Richelieu «les larmes de nos souverains ont le goût salé des mers qu'ils ont ignorées» semble enfin perdre de son actualité, notamment avec le Grenelle de la mer, le discours du Président de la République au Havre... Cette priorité affichée est une excellente nouvelle et elle doit se traduire par des actions concrètes et opiniâtres. Francis Vallat rappelle enfin que la mer, le maritime et les gens de mer sont, en ce moment plus que jamais, des atouts majeurs de notre pays, sur le plan de l'environnement comme sur celui du développement économique.

Éric Gérard remercie les participants de cette première partie du colloque et annonce le début de la première table ronde.

 

Première table ronde :
La mer, un bien commun à partager

Antoine Person présente les différents participants et ouvre la discussion.

Jean-François Minster, Directeur scientifique du groupe Total, commence par une série de «remarques quasi philosophiques» sur l'humanité et la planète. En effet, il n'est pas possible de penser le développement sans exploitation des ressources naturelles, ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas les protéger. Il n'y a pas de modèle ni de technologie qui permettent au monde de se développer sans accroissement de la consommation d'énergie. Cela est vrai à la fois pour les pays développés mais également pour les 1,6 milliards d'habitants du bas de la pyramide des richesses. L'accroissement de la consommation d'énergie est inévitable. Il n'est pas possible de ne pas intégrer les progrès technologiques dans une vision de l'avenir, y compris pour les populations les plus démunies.
Face à ces défis, la mer est un espace avec des ressources qu'il faut exploiter et un espace sur lequel on ne peut pas penser le futur sans penser progrès technologiques, politiques publiques, surveillance. Une vision d'une politique maritime intégrée recouvre à la fois une logique d'intégration des activités sectorielles et une logique d'intégration entre toutes les parties prenantes et les vecteurs de progrès.
Parmi les ressources énergétiques de la mer la première, et pour longtemps, c'est le pétrole et le gaz. Près de 20% de la production cumulée de gaz et de pétrole sur terre provient de la mer. On estime actuellement qu'un tiers des ressources à trouver est maritime. D'autre part, J-F Minster rappelle qu'il n'est pas possible d'imaginer une transformation à 30 ans du système énergétique mondial sans ressources fossiles. En 2030 les projections estiment à 75% la consommation énergétique issue de celles-ci. Les rythmes de développement des énergies alternatives n'étant pas suffisants pour les remplacer. Il faut donc une efficacité énergétique accrue puisque la réforme du système énergétique passe par des ressources beaucoup plus éclatées, dont la vision doit être à l'échelle mondiale, accompagnée de progrès technologiques puissants.
La clef de ces progrès se trouve d'abord dans l'économie. Il faut parvenir à baisser le coût d'investissement et d'exploitation de ces énergies. Cela passe par la recherche et le développement de pilotes, par l'industrialisation. D'autre part, parvenir à remplacer des fragments du système énergétique actuel par d'autres systèmes nécessite des investissements massifs. Cette révolution passe par une compréhension des conditions d'exploitation, par une fiabilisation des modes de production ainsi que par une connectivité croissante avec les autres modes d'exploitation. Il faut donc des engagements forts dans ces domaines, notamment parce que la compétition est mondiale.

Question de la salle: En matière d'énergie marine, il existe quelque chose de très renouvelable : Les marées. Cette énergie est-elle définitivement non rentable ou est-elle envisageable pour le futur?
Réponse de Jean-François Minster: Aujourd'hui, les énergies marines sont non compétitives par rapport aux autres sources d'énergie mais, par contre, elles sont promises à un avenir. Utiliser l'énergie des courants de marée avec le mécanisme des hydroliennes, a un avantage certain parce qu'elle est prévisible, et fait partie du paysage. Cela passe par des choix de sites qui doivent être compatibles avec les autres activités et par la résolution de plusieurs problèmes technologiques dont le principal est la durée de vie des installations en mer, milieu très agressif.

Question de la salle: Le groupe Total a-t-il une stratégie pour s'intéresser plus précisément aux biocarburants issus des algues?
Réponse de Jean-François Minster: Le contenu de l'appel d'offre de l'Agence nationale de la recherche sur les micro-algues a été largement élaboré en relation avec des équipes de Total. Le problème est qu'il y a encore beaucoup de recherche à faire pour rendre cette énergie économiquement rentable et les chiffres qui ont été médiatisés sont faux. Il faut encore faire des progrès en matière d'élevage, de procédés de gestion des réacteurs et il reste donc beaucoup d'étapes à franchir mais des projets sont en cours. Dans la mesure où il s'agit d'une énergie très diffuse, j'estime qu'elle constituera un complément au système énergétique et non un remplacement.
Antoine Person, présente Catherine Chabaud, navigatrice, journaliste, marraine de l'association mécénat chirurgie cardiaque, de l'association défi pour la terre, administratrice des aires marines protégées, chargée de mission au Grenelle de la mer.
Catherine Chabaud, explique tout d’abord que la mer est une passion. Elle rappelle que la mer présente des visages multiples, qu’elle constitue 71% de la surface de la planète soit 370 millions de km2. La mer représente aussi 97,4% de l’eau sur terre quand l’eau douce souterraine n'en représente que 0,2%. La mer ce sont aussi des richesses en termes de biodiversité, d’énergies marines, de minéraux... mais également des richesses qui naissent de la rencontre entre la mer et la terre, notamment dans les estuaires.
Pour la France, la mer ce sont les autoroutes de la mer, c’est un espace ludique, un espace de liberté, de mémoire et de valeurs. Les activités des hommes en mer sont liées aux richesses qui s’y trouvent, avec la pêche, le plus vieux métier de la mer, le transport maritime puis l’aquaculture et la plaisance… En ce qui concerne les activités littorales et terrestres, la démographie se développe et en 2020, 75% de la population mondiale vivra dans la bande littorale des 60 kilomètres. Par voie de conséquence, Catherine Chabaud souligne l’impact de l'activité humaine sur la mer. Les terriens sont d’ailleurs concernés au premier chef par la mer. En effet, la plupart des signaux d’alerte écologique sont venus de la mer ces dernières années: marées noires, marées vertes, appauvrissement des ressources halieutiques, fonte des glaces,...
Les solutions possibles, rappelées par Catherine Chabaud, pourraient passer par une véritable gouvernance, une plus grande concertation entre les acteurs mais aussi venir de l’action individuelle des acteurs de la mer. Il faut une gestion durable, avec le développement des navires du futur pour les cinq marines, celui des ports du futur et des aires marines protégées. Catherine Chabaud cite à cet égard les travaux du pôle mer Bretagne en matière de bio-matériaux pour la plaisance…En conclusion elle rappelle que nous sommes tous concernés par la mer, que celle-ci suscite beaucoup de passions et qu’il est nécessaire de travailler en tenant compte d’une gestion durable de la mer.

Questions de la salle: A propos du développement à l’échelle mondiale du concept de cadastre marin, quelle est la position de la France ?
Thierry Duchesne: Ce concept revient à plaquer une notion terrestre sur le monde marin. Il existe cependant une directive européenne sur la planification des espaces maritimes qui est actuellement à l’étude.
Antoine Person présente Pierre-Georges Dachicourt, ancien patron pêcheur, Président du Comité National des Pêches et administrateur de l'Ifremer.
Pierre-Georges Dachicourt affirme tout d’abord que c’est la grande école qu’est la nature et la mer qui l’a enrichi au quotidien, plus que l’école et les réglementations. Il rappelle ensuite que le métier de patron pêcheur, est un métier difficile avec une réglementation foisonnante.
Il fait un bref retour sur le cadastre marin et explique que toutes les lignes imaginaires tracées par les hommes ont toujours entravé le développement du métier de pêcheur. Ce métier est passé en cinquante ans de l’âge de pierre au modernisme le plus total. Il rappelle que c’est une activité qui est de plus en plus criminalisée mais que derrière ces nouvelles technologies qui ont permis le «pillage des océans» il y a eu beaucoup de recherche technologique. L'orateur ne nie cependant pas qu’il y a des problèmes sur la ressource ni que des bêtises ont été faites, d’autant plus qu’à l’époque pêcheurs et scientifiques poursuivaient des chemins parallèles mais séparés.
On parle, selon lui, toujours de ce qui va mal et jamais de ce qui va bien. Il y a des espèces qui se portent correctement, parce qu’elles ont un cycle de vie très court, ce sont ces espèces qui ne sont pas encore menacées qu’il faut s’attacher à protéger. C’est avec les scientifiques, les professionnels et les autorités européennes qu’il faut bâtir un pôle solide de développement durable. Il rappelle à ce titre qu’un jeune patron pêcheur, pour un petit bateau, dépense 300 000 euros et investit pour 30 ans, sur le long terme. Ce n’est donc pas un pur capitaliste dans l’âme. Il rappelle ensuite qu’il existe des jours ouvrables pour la pêche et que la mer n’est pas exploitée tout au long de l’année. Ainsi, la pêche au thon n’est ouverte qu’un mois par an. La pêche française ne représente que 15% de la consommation nationale : 85% de nos besoins sont importés. La vraie question à se poser pour la politique de la pêche, qui est en train d’être oubliée par la stratégie maritime, est celle de la dépendance alimentaire. Une véritable épée de Damoclès pèse sur les pêcheurs professionnels européens: La mise en place de quotas individuels transférables. Selon P-G Dachicourt, le jour où cela sera mis en place en France, les seuls opérateurs économiques à en profiter seront les banques. Le modèle islandais est à ce titre une catastrophe. En 2012 la nouvelle politique commune de la pêche doit être discutée et cette réforme est très peu médiatisée contrairement à celle de la PAC. Il faut donc éviter une grande politique maritime sans la pêche et tenir compte des acteurs du secteur.

Question de la salle: Vous avez dit que les scientifiques et les pêcheurs avaient suivis des chemins séparés. Sur le sujet de l’anchois, qui a raison ?
Pierre-Georges Dachicourt: C’est la nature qui a raison. C’est la seule qui a la capacité de savoir. Il faut faire attention aux extrêmes et une expertise partagée est nécessaire.

Question de la salle: Que pensez-vous des éoliennes en mer ?
Pierre-Georges Dachicourt: Je ne suis pas hostile sur le principe. Il faut faire en sorte de partager l’espace, sans réduire les lieux de travail. La concertation est encore une fois essentielle.
Question de la salle: Pourriez-vous détailler le système de quotas transférables envisagé dans la réforme de la PCP ?
P-G Dachicourt: La ressource halieutique est un bien commun, une gestion commune est normale mais une gestion individuelle est dangereuse. Les États qui ont choisi cette option reviendront dessus et s'ils ne le font pas c’est qu’ils auront décidé de donner «un grand coup de crayon» sur leur pêche.
Antoine Person présente Thierry Duchesne, Commissaire en Chef de première classe, Chef de bureau de l'action de l'État en mer auprès de l'État-Major.
Thierry Duchesne souligne l’importance de la solidarité des gens de mer. Les marins d'État se sentent très proches de tous ceux qui travaillent en mer. Il y a une véritable communauté des gens de mer. Pouvoir aller en mer nécessite des moyens mais aussi des gens expérimentés. En 1976, avec la création de la zone économique, la France est passé dans une nouvelle dimension et la question qui s'est très vite posée était celle de la surveillance de cet espace. Il existe deux écoles dans le monde, l'école de la garde-côte dans les pays anglo-saxons et celle de la France, qui n'a pas les moyens d'avoir deux marines et qui a renforcé le dispositif pré existant créé par Napoléon, appuyé sur les préfets maritimes et la marine nationale mais également sur d'autres administrations que Thierry Duchesne appelle les «frères de la côte»: Les gendarmes, les douaniers, les affaires maritimes.
En 1978 a été créé le concept d’action de l'État en mer. Il s'agit d'une organisation administrative originale qui fait aujourd’hui encore plus la preuve de son efficacité. En effet, les menaces maritimes sont duales: elles sont autant militaires que civiles (piraterie, narco-trafic, immigration clandestine,…)
Les missions garde-côtes ne se déroulent pas seulement au large de nos côtes. Ainsi le préfet maritime atlantique a autorité sur une zone qui couvre tout l'espace de l'Arctique à l'Antarctique. Ses pouvoirs sont différents selon les espaces et la première préoccupation en cas d'évènement de mer est la localisation. De plus, Thierry Duchesne rappelle que la zone maritime va au-delà de la ZEE française. En cas de trafic de drogue entre l'Amérique Latine et l'Afrique, c'est le préfet de zone maritime basé à Brest qui coordonne l'interception d'un navire dans cet espace parce qu'il existe des conventions internationales qui lui confèrent des pouvoirs particuliers. En tant que chef de bureau de l'action de l'État en mer, Thierry Duchesne plaisante sur le fait que le soleil ne se couche jamais sur son empire. En effet, l'essentiel de son action a lieu dans l'océan indien, les Antilles et le Pacifique.
Il rappelle ensuite que l'ensemble des administrations participent à l'action de l'État en mer et qu'il y a un travail en cours sur le développement des collaborations inter administration. La surveillance maritime est un exemple à suivre. Ainsi, l'outil «spationav» issu des collaborations entre la Marine, la gendarmerie et la douane a été repris comme modèle par l'Union européenne. Thierry Duchesne rappelle enfin les principales missions de l'action de l'État en mer: la défense des intérêts de l'État en mer, la sauvegarde des personnes et des biens, la protection de l’environnement ainsi que la sureté et la sécurité maritime.
Le paysage de l'action a changé depuis 1978, avec l'émergence des enjeux européens et l'apparition de la notion de «fonction garde-côte». L'Europe a publié un Livre vert et a créé un certain nombre de directions générales qui s'intéressent au maritime, ainsi que de nouvelles agences qui ne sont pas parfaitement coordonnées mais prennent des décisions dans le domaine opérationnel, ce qui pose un problème avec la France qui est organisé régionalement et ne dispose pas de point d'entrée national. C'est le même problème qui se pose pour les nouveaux systèmes de surveillance maritime.
Pour conclure, Thierry Duchesne rappelle qu'il y a actuellement une réduction des moyens d'intervention puisqu'aucune administration ne finance volontairement des moyens d'actions de l'État en mer. Une réforme était donc nécessaire. Le lancement du projet de «fonction garde côte», issu de la base, a été affirmé par les hautes autorités de l'État. La France disposera donc d'une organisation ouverte, constituée en fonctions. Toutes les marines européennes seront amenées à participer aux missions avec un comité directeur qui supervisera les opérations. Un autre grand pas en avant réside dans la mise en place d'un centre unique maritime national où chacun des acteurs aura un représentant et sera l'outil du Secrétaire Général de la mer. Thierry Duchesne est donc résolument optimiste

Antoine Person annonce la deuxième table ronde.


Deuxième table ronde :
Différenciez vous: choisissez la mer !

Eric Gérard présente Philippe Louis-Dreyfus, Président de Louis Dreyfus Armateurs, société de transport maritime de marchandises et de passagers, de services maritimes offshore, d'ingénierie maritime et de travaux sous-marins.
Philippe Louis-Dreyfus: Le monde maritime est un secteur spécifique. Il ne fait aucun doute que c'est un secteur attractif. C'est un métier particulièrement original.
C'est tout d'abord un secteur particulièrement hétérogène. C'est en premier une activité de services (transport,...) mais c'est aussi, et presque surtout, une industrie lourde, avec des investissements importants. La deuxième originalité tient au fait que c'est une activité de long terme (investissements et projets de long terme, activité cyclique) mais qui suscite néanmoins une réactivité de très court terme. Les bateaux et les hommes doivent toujours être prêts, qu'ils soient navigants ou sédentaires. De plus, si c'est en partie une activité prévisible du fait de l'importance des cycles : cycles de fret, cycles de matières premières), c'est aussi une activité avec une extrême volatilité. En septembre 2008, les actifs et les prix ont perdu près de 98% de leur valeur. C'est enfin un secteur ouvert, très international, de concurrence pure et parfaite. N'importe quel bateau, de n'importe quelle compagnie, sous n'importe quel pavillon, peut concurrencer un autre opérateur n'importe où dans le monde. C'est une concurrence totale à chaque instant.
C'est aussi, et c'est là le paradoxe, une activité simple et qui nécessite des valeurs. La première nécessité est d'être un passionné. C'est très spécifique au métier maritime: Dans les sociétés du secteur, tous les employés, les actionnaires ont développé une réelle affectio societatis... Cela tient aux risques inhérents au maritime, à l'éloignement des marins,... Il faut aussi être responsable: L'éloignement suppose de réelles délégations de pouvoir. Par ailleurs, la loyauté, la confiance, le respect de la parole donnée, ne sont pas des vains mots dans le secteur. Le monde maritime reste lié par ces valeurs, même si certains comportements de "trader" commencent à remettre en cause cette culture. La culture de la délégation suppose la loyauté réciproque, entre tous les acteurs : Banques, affréteurs, armateurs, assureurs,.... Philippe Louis-Dreyfus rappelle, avec humour, que les valeurs sont très différentes de celles du monde de la finance dans lequel il a travaillé pendant plus de vingt ans. C'est enfin, un métier dur (la mer est active en permanence) mais qui ne nécessite pas, dit P-L Dreyfus, une intelligence supérieure. C'est un secteur lié par la solidarité et un solide bon-sens.
Ce besoin de valeur est révélateur du fait que la très grande majorité des grandes entreprises du secteur soient des entreprises familiales. C'est un métier ludique et convivial qui devrait attirer les étudiants.
C'est enfin un métier de passerelles. On peut passer entre les différents secteurs, entre les différents métiers maritimes. « Si vous voulez la tranquillité, le calme, allez au Ministère de la culture. Ce n'est pas non plus un métier pour les gens attirés par l'argent rapide ou par le travail en solitaire. C'est un métier fait pour ceux qui sont attirés par la compétition dans un environnement réellement solidaire. Pour ceux qui ne sont pas encore dans le secteur, ce serait vraiment bien que vous y veniez ! »
Eric Gérard rappelle que les Sciences Po de la Mer sont bien implantés dans le secteur maritime et que les étudiants qui le souhaitent peuvent bien sûr les contacter. Il donne la parole à ceux qui veulent poser des questions.

Question de salle: Un étudiant se demande quelles sont les conditions d'emploi pour un jeune diplômé de la marine marchande sortant d'une école française
Philippe-Louis Dreyfus rappelle que le groupe LDA est le premier employeur d'officiers français. Il faut, selon le président de LDA, croire au pavillon français. Les officiers français sont de très grande qualité. Quand il s'agit de services offshores, les officiers français apportent une réelle valeur ajoutée. En tout état de cause, Philippe Louis-Dreyfus rappelle que le pavillon français ne saurait être considéré comme un pavillon de complaisance.
Eric Gérard présente le vice-amiral Olivier Lajous, Directeur du personnel militaire de la Marine nationale.
Olivier Lajous rappelle que la Marine nationale emploie près de 40 000 marins sous l'uniforme dans tous les pays et emploie près de 3 000 personnes sous contrats de plus ou moins longue durée. Il existe près de 50 métiers différents. L’Amiral Lajous rappelle qu'il a des difficultés à trouver des jeunes pour certains métiers. La Marine nationale défend des valeurs fortes et structurantes pour la personnalité des jeunes. Les jeunes qui souhaitent s'engager dans la Marine doivent comprendre qu'ils ne choisissent pas un métier banal. Par ailleurs, 65% des marins restent entre 15 et 20 ans dans la Marine nationale. L’amiral Lajous est très attaché à son titre de directeur du personnel (et non de directeur de ressources humaines, titre qu'il refuse) parce que les employés de la Marine ne sauraient être considérés comme des ressources. La vraie difficulté est de concilier l'individu et le groupe. Enfin, le Vice-Amiral évoque la révolution culturelle, technologique, de la Marine nationale. Le métier de marin change, la féminisation est en marche : le lien social est à réinventer sur les bateaux, c'est un défi passionnant.

Eric Gérard remercie le vice-amiral Lajous et présente Me Nicolas, avocat spécialisé en droit maritime.
Me Nicolas exerce le droit maritime depuis 1992. Un bon avocat maritime doit avant tout être un bon généraliste et un bon procédurier. C'est un secteur du droit particulier, qui combine une grande influence internationale et une longue histoire. Il prend ainsi pour exemple la faute nautique. A l'inverse du droit commun, la société n'est pas responsable pour un acte de son salarié alors même que cet acte est réalisé dans le cadre de ses fonctions. Une compagnie, dont le navire de commerce a été frappé par une vague scélérate sera ainsi totalement exonérée de sa responsabilité si elle parvient à prouver que le navire, par exemple, allait trop vite dans les conditions de mer d'espèce. Ainsi, les dommages causés à la cargaison ne seront pas de sa responsabilité! Autre spécificité du droit maritime: la notion d'avarie commune. Cette notion prend en compte les aléas du transport maritime. Une partie de la cargaison jetée à la mer lors d'une tempête sera payée par l'ensemble des opérateurs (y compris le propriétaire de la marchandise qui n'a pourtant pas pris part à la décision) dès lors que cette manœuvre a été jugée nécessaire pour la sécurité du navire ou de l'équipage.
Les Anglais classent le droit maritime en wet-shipping (qui concerne les "évènements de mer" tel l'abordage ou le naufrage) et dry-shipping (qui concerne le droit des contrats maritimes, le droit des sûretés attachées aux navires comme les hypothèques maritimes, les procédures administratives et pénales pour traiter des pollutions maritimes,…). Le droit maritime est ainsi un creuset dans lequel se mélange quasiment toutes les formes du droit, ce qui en fait une matière passionnante, à recommander aux étudiants et aux diplômés !

 

Eric Gérard remercie Me Nicolas et accueille Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat chargé des Transports, afin de clôturer le colloque.
Le ministre Dominique Bussereau remercie le Club Sup mer pour son invitation. Il rappelle que la mer est un sujet politique majeur. En tant que ministre des transports, Dominique Bussereau veut insister sur les aspects économiques du secteur maritime. Ainsi, près de 500 000 emplois dépendent directement ou indirectement de ce secteur en France. De nombreux domaines économiques y sont liés: Le tourisme, les services, le service public non marchand,... Le ministre rappelle que la France est un pays de marins, comme l'a notamment indiqué le Président de la République dans son discours du Havre. La France a une place importante à tenir: avoir une Marine nationale de premier plan et sauvegarder ses ressources.
Le ministre réaffirme la nécessité de garantir les intérêts de notre pays, de développer notre économie maritime et préserver le milieu marin. Pour protéger la biodiversité, les zones maritimes protégées ont un rôle fondamental à jouer. La France est très bien positionnée dans de nombreux secteurs de l'économie maritime: L'assurance, le courtage, la construction navale,... Mais elle doit recoller aux nations de tête: pour ce faire, l'administration de la mer a été révisée, pour une meilleure efficacité.
Le ministre souhaite ensuite préciser certains points. En matière de pêche, il admet que le problème est compliqué. Le secteur doit s'adapter dans un environnement qui mêle enjeux politiques, économiques, culturels, environnementaux... Le transport maritime se développe aussi. Cette activité est soumise aux contraintes du développement durable… Ainsi, le grand emprunt servira à financer, entre autre, la recherche sur les navires du futur, moins dépendants des énergies fossiles et plus sûrs. La formation est essentielle à cet égard. Le regroupement des écoles maritimes va être finalisé. Par ailleurs, les officiers de marine marchande auront le titre d'ingénieur. Les infrastructures portuaires sont au centre du débat. Les ports français ont perdu de leur attractivité par rapport à leurs concurrents européens. Une grande réforme a été confiée à Dominique Bussereau et le ministre souhaite travailler en particulier sur les connexions entre les différents ports et les interconnexions entre modes de transport. Les autoroutes de la mer ne sont pas oubliées. La position de l'Union européenne sur les modalités d'aides n'est toutefois pas encore précise. Le ministre précise enfin que les ports de plaisance sont trop peu nombreux et que tout nouveau projet suscite de nombreuses oppositions. Pourtant, la plaisance reste un secteur à développer en France, alors que nous disposons d'une des premières industries de construction navale de plaisance.
Les potentiels de développement existent et ne demandent qu'à croître.
Antoine Person remercie le ministre pour son intervention. Eric Gérard ouvre la séance de questions.
Un étudiant de Centrale pointe l'absence de cours sur les enjeux maritimes dans les grandes écoles et l'absence des entreprises du secteur dans les forums étudiants.
Olivier Lajous rappelle que la Marine accueille les officiers sur titre venant d'écoles d'ingénieurs. Par ailleurs, un regroupement des concours entre Centrale Nantes et l'Ecole navale est en projet. Les liens existent. L'amiral admet que le lien n'est pas encore suffisant mais il se tient à disposition des écoles qui veulent bien l'inviter. Pour les diplômés non-ingénieurs, les concours de commissaires de la marine leur permettent d'intégrer pleinement la Marine nationale. L'amiral rappelle que la Marine nationale a besoin d'un recrutement exigeant. Les officiers sous contrat peuvent par ailleurs arriver à de hauts postes. Toutes les portes sont ouvertes en tout état de cause !

Une question de la salle porte sur l'accès des métiers de la Marine aux femmes.
Le vice-amiral Lajous réaffirme la possibilité pour tous d'intégrer la Marine nationale. Tous les métiers sont ouverts aux femmes, à l'exception pour l'instant de l'embarquement en sous-marins. A titre d'exemple, Olivier Lajous cite le chiffre de 80% des médecins dans la Marine qui sont des femmes. En tout état de cause, la féminisation de la Marine nationale est en marche et le vice-amiral soutient ce processus.
Les organisateurs du Colloque du Club Sup Mer remercient les équipes de SciencesPo pour la qualité de leur accueil et remercient tous les orateurs pour leur disponibilité et leur présence.